Quel avenir pour la démocratie participative ?

ICPC conférence du 29 janvier 2024

Le 29 janvier, l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne a réuni des experts pour explorer les limites de la démocratie participative pointées par Manon Loisel et Nicolas Rio, dans un ouvrage récent.

Découvrez dans cet article une synthèse de la table-ronde. Nous vous invitons à visionner la vidéo en bas de l’article pour aller plus loin 

Repenser la participation : un défi nécessaire 

Dans leur ouvrage « Pour en finir avec la démocratie participative »,  Manon Loisel et Nicolas Rio, consultants en politique publique au sein de Partie Prenantes, soulignent l’impuissance des dispositifs participatifs à transformer les politiques publiques, ce qui peut générer de la colère et alimenter la crise démocratique. Cette publication fait suite à leur article de 2022 sur Médiacités « Faut‐il en finir avec… la démocratie participative ? » dans lequel les consultants s’interrogeaient sur les effets des dispositifs participatifs.  

Un consensus sur les limites identifiées 

Les intervenants se sont accordés sur les constats, soulignant les limites actuelles de la démocratie participative, notamment son incapacité à transformer le fonctionnement interne des institutions et à faire entendre les voix les moins représentées. Ils ont également relevé les limites de la centralisation du pouvoir et un déficit de légitimité des processus participatifs.  

Pour une participation plus qualitative 

Nicolas Rio et Manon Loisel proposent de faire une pause, c’est-à-dire de réduire la quantité de participation pour favoriser sa qualité. Ils suggèrent une meilleure écoute des citoyens, de revisiter les mécanismes de prise de décision et d’impliquer davantage les citoyens, notamment par le biais du tirage au sort des abstentionnistes. 

Empowerment et déontologie 

Guillaume Gourgues voit la participation citoyenne comme un prolongement des mobilisations sociales, plaidant pour l’empowerment des plus précaires. Alice Mazeaud, quant à elle, appelle à des règles de déontologie pour les praticiens de la concertation. 

Faut-il vraiment moins de participation alors que la démocratie est en recul ? 

Loïc Blondiaux soulève un paradoxe : vouloir mettre un frein à la démocratie participative alors même que la démocratie recule. Il interroge sur l’institutionnalisation de la participation et son intégration effective dans les processus décisionnels.  

Pour une démocratie participative réinventée 

La table-ronde a mis en lumière la nécessité d’une démocratie participative réinventée, qui respecte la diversité des voix et s’inscrit dans un engagement concret. Rio et Loisel soulignent l’importance de réorienter les acquis de la démocratie participative avec l’aide de professionnels pour accompagner les transformations nécessaires. Cette réflexion invite à une participation plus introspective et stratégique, essentielle pour une démocratie vivante et inclusive. 

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